Chapitre II, Beaumont, 1

« Le salon de Madame de Beaumont est presque entièrement occupé par un grand piano de concert sur le pupitre duquel est posée la partition fermée d’une célèbre rengaine américaine, “Gertrude of Wyoming”, par Arthur Stanley Jefferson. »

Arthur Stanley Jefferson est le véritable nom de Stan Laurel.

Il tourna en 1930, avec son compère Oliver Hardy et sous la direction de James Parrott, une comédie intitulée Below Zero ou Les deux Musiciens.

Précision d’importance : je ne mentionnerai pas sur ce blog les 18 462 ou 3 noms propres qui parsèment la VME, je ne citerai que ceux qui évoquent immédiatement une image : ici Stan Laurel, dans le chapitre précédent Madame de Beaumont pour La Belle et la Bête.

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« Un vieil homme, la tête couverte d’un foulard orange ».

On peut penser au Saint Jérôme par Antonello, même si ce n’est pas le tableau-contrainte de ce chapitre :

Saint Jérôme dans son cabinet de travail
par Antonello de Messine, vers 1460, détail

Mais, tout comme dans le chapitre XXI qu’on verra bien plus tard ou dans le chapitre précédent, on peut aussi penser à Hergé et plus précisément au Capitaine Haddock dans Le Crabe aux pinces d’or :

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« un grand fauteuil moderne, fait d’une gigantesque demi-sphère d’altuglas cerclée d’acier, posée sur un piètement de métal chromé ».

Il s’agit du fauteuil Bulle ou Sphère créé en 1968 par Christian Daninos (1944-1992). « Structure en acier, base formée d’un large anneau d’où s’élève une lame, grand cercle supérieur maintenant la sphère en altuglas formant structure d’assise, coussins d’assise et de dossier recouverts d’un lainage côtelé blanc cassé » (description extraite d’un catalogue de vente aux enchères).

Ce siège figura en couverture d’une édition de poche des Choses, chez 10/18 :

« le visage ovale d’une jeune fille endormie ; ses cheveux blonds relevés en torsade au-dessus de son front son maintenus par un double bandeau d’étoffe tressée ; sa joue s’appuie sur sa main droite repliée en conque comme si, en songe, elle était en train d’écouter ».

Cette « jeune fille endormie » est le personnage principal du tableau-contrainte attribué à ce chapitre, Le rêve de sainte Ursule par Vittore Carpaccio.

Le rêve de sainte Ursule (faisant partie des Histoires de la vie de sainte Ursule)
par Vittore Carpaccio, 1495

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« Plusieurs affiches encadrées y sont accrochées. L’une d’entre elles représente quatre moines à la mine gourmande attablés autour d’un camembert sur l’étiquette duquel quatre moines à la mine gourmande - les mêmes - sont de nouveau attablés. La scène se répète, distinctement, jusqu’à la quatrième fois. »

Une réclame pour le camembert des Deux Capucins nous montre difficilement cette mise en abîme… :

… popularisée par un autre fromage, celui de La Vache qui rit (dont l’illustration originale - rappel aux oublieux - est signée Benjamin Rabier) :

« Ces affiches encadrées » sont l’élément de la contrainte 34 “tableaux” attribué à ce chapitre.

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« Des Arabessur leurs rapides montures chevaux ou chameaux, avec leurs turbans flottant sur l’épaule, le cimeterre accroché par des courroies et la lance en arrêt dans la main droite” ».

Chefs de tribus arabes se défiant au combat singulier, sous les remparts d’une ville,
par Théodore Chassériau, 1852

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