Chapitre XVI, Chambres de bonne, 6 Mademoiselle Crespi

« Elle est couchée dans son lit, sous une couverture de laine grise. Elle rêve : un croque-mort aux yeux brillants de haine se tient en face d’elle, debout, sur le pas de la porte ; de sa main droite à demi levée il présente un bristol bordé de noir. »

Le perecomaniaque attentif aura reconnu dans ces deux phrases le tableau-contrainte de ce chapitre : 

Le rêve de sainte Ursule (faisant partie des Histoires de la vie de sainte Ursule)
par Vittore Carpaccio, 1495
musée de l’Académie, Venise

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La seconde contrainte picturale, astucieusement dénommée contrainte “peinture”, imposait d’évoquer ici de la gouache, de l’aquarelle ; elle n’a pas été respectée par l’auteur de la VME. La peinturlure n’est cependant pas absente de ce très court chapitre, un peintre tout à fait étranger à la contrainte “tableaux” semble l’avoir envahi. Qu’on en juge :

« au-delà de la porte, s’étend un paysage alpestre : un lac dont le disque, entouré de forêts, est gelé et couvert de neiges ».

Cette description colle tout à fait à une toile de Caspar David Friedrich, La grande réserve :

La grande réserve
par Caspar David Friedrich, 1832

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« derrière sa rive la plus éloignée les plans inclinés des montagnes semblent se rencontrer et au-delà des pics couverts de neige s’étagent dans le bleu du ciel ».

Friedrich, là encore :

Matin dans les montagnes
par Caspar David Friedrich, 1822-1823

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« Au premier plan, trois personnes gravissent un sentier menant à un cimetière ».

Friedrich, toujours !

Le matin de Pâques
par Caspar David Friedrich, 1830-1835

L’entrée du cimetière
par Caspar David Friedrich, 1825
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« au centre duquel une colonne surmontée d’une vasque d’onyx jaillit d’un massif de lauriers et d’aucubas ».

Friedrich forever !

Le tombeau de Gerhard von Kügelgen 
par Caspar David Friedrich, 1822

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