Chapitre XXVIII, Dans l'escalier, 3

« Valène (…), ce tableau qu’il projetait de faire ».

Il s’agit, en quelque sorte, du plan de l’immeuble tel qu’il apparaît à la toute fin de la VME. Ce plan et le roman (ou plutôt les romans) trouvent leur origine dans l’illustration réalisée par Saul Steinberg, dont il est question dans l’Annexe 2 : les couvertures françaises de la VME.

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« choisir une pied de lampe, une reproduction, un bibelot, placer entre deux portes un haut miroir rectangulaire ».

La mention de la reproduction répond à la contrainte “Peintures” “reproduction”. Le miroir rectangulaire entre deux portes, quant à lui, doit sa présence au tableau-contrainte de ce chapitre, Les Ménines de Velázquez :

Les Ménines
par Diego Velázquez, 1656-1657
musée du Prado, Madrid

Détail

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On retrouve Les Ménines quelques lignes plus loin :

« Un jour la police viendra arrêter Joseph Nieto et trouvera dans sa chambre, dissimulé dans une des boules de cuivre du grand lit Empire, le célèbre diamant dérobé jadis au prince Luigi Vudzoï ».

José Nieto était en vérité l’aposentador, c’est-à-dire le chambellan de l’archiduchesse Marie-Anne d’Autriche, épouse de Philippe IV roi d’Espagne. Il est représenté en arrière-plan des Ménines de Diego Velázquez.

Détail

Le célèbre diamant dissimulé dans une des boules de cuivre du grand lit Empire fait penser au Youkounkoun, autre diamant planqué, lui, dans le klaxon de la Cadillac du Corniaud !

Le Corniaud
de Gérard Oury, 1965

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« la rue ne sera plus qu’une suite de façades aveugles — “fenêtres semblables à des yeux sans pensée” — alternant avec des palissandes maculées d’affiches en lambeaux et de graffiti nostalgiques ».

Cette photo de Doisneau, encre une fois, que Perec a peut-être connue :

La maison des locataires
par Robert Doisneau, 1965

 

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