Chapitre XXXIII, Caves, 1

« sur une couverture de “Paris-Match”, Pierre Boulez, en frac, brandit sa baguette, lors de la première de Wozzeck à l’Opéra de Paris ».

« Contrairement à la plupart de ses confrères, écrivait Paris Match dans un article du 25 février 1983 consacré à ce musicien, Pierre Boulez dirige sans baguette. “Je suis, de la sorte, plus à l’aise, explique-t-il, et c’est plus souple” ». Ce fut le seul article que ce magazine publia à son propos. En couverture de ce numéro s’étalait le minois de Stéphanie de Monaco. Elle ne portait pas de frac.

Paris Match, 25 février 1983

Pierre Boulez le géant français de la musique
en bas de la troisième colonne

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« sur une couverture d’“Historia”, on voit deux adolescents (…), “Louis XVII et l’Aiglon se sont-ils rencontrés secrètement à Fiume le huit août 1808 ?” ».

Il est impossible que ces deux zigotos se soient rencontrés en 1808, puisque l’Aiglon est né en 1811. Ce numéro d’Historia est donc une pure invention qui semble surtout répondre à la contrainte ”âge et sexe” “garçon av. 17 ans”.

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« Un carton à chapeaux débordant de photographies racornies ».

Il s’agissait là de satisfaire à la contrainte “Peintures” “photos”.

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« trois hommes sur une petite route de campagne ».

Cette photo racornie montrant trois hommes sur une petite route de campagne est très probablement l’évocation d’une célèbre photo d’August Sander, Jeunes paysans, Westerwald, 1914.

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« cet homme manifestement presbyte, en train de lire un livre posé sur un pupitre incliné ».

C’est le saint Jérome d’Antonello, tableau-contrainte de ce chapitre.

Saint Jérôme dans son cabinet de travail
par Antonello de Messine, vers 1460
National Gallery, Londres
Détail

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« la rencontre sur un vaisseau de guerre du Czar et du Président de la République française. Partout jusqu’à l’horizon ce ne sont que navires dont la fumée se perd dans un ciel sans nuages. À grands pas, le Czar et le Président viennent de s’avancer l’un vers l’autre, et se donnent la main. Derrière le Czar, comme derrière le Président se tiennent deux messieurs ; par contraste avec la joie manifeste des visages des deux chefs, leurs visages paraissent graves ».

Ce passage est emprunté mot pour mot à une nouvelle de Franz Kafka, Le Vieux garçon, dans la traduction de Jean Carrive (La Muraille de Chine et autres récits, éd. Gallimard, 1950). Voici une image d’Épinal qui colle d’assez près à la description ci-dessus, la rencontre dans le port de Cherbourg du Tzar Nicolas II et de Félix Faure, président de la république française, le 5 octobre 1896. Série instructive recommandée pour les écoles :

S. M. le tzar Nicolas II
en France
Série instructive recommandée pour les écoles

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