Chapitre LXXX, Bartlebooth, 3

« Parmi ces livres se trouvait un atlas ».

la contrainte “Peintures” “cartes et plans” de ce chapitre est ici satisfaite.

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« plusieurs gravures romantiques — dont une de Tony Johannot — montrent le vieil explorateur qui s’éteint au milieu des siens (…) la main posée sur un atlas ouvert ».

Tony Johannot (de son vrai nom Antoine Johannot, 1803-1852) était un graveur et illustrateur français. Cette gravure “romantique” mettant en scène la mort d’Amerigo Vespucci n’a pu être dénichée par nos services ; elle a probablement été réalisée pour l’un des magazines pour lesquels Johannot travaillait : La Revue des deux Mondes, L’Artiste, L’Illustration ou Le Magasin pittoresque.

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« un beau tirage de l’“Imperium Japonicum… descriptum ab Hadriano Relando”, faisant partie de l’Atlas de Reiner Otten d’Amsterdam ».

Le nom complet de cette carte est Imperium japonicum per regiones digestum sex et sexaginta atque ex ipsorum japonensium mappis descriptum ab Hadriano Relando. Laquelle affiche effectivement, comme le précise Perec, les noms des soixante-six provinces impériales écrits en japonais et en caractères latins. Mais contrairement à ce qu’il affirme, cette carte — qui ne nous montre que le sud du Japon et dont le tracé n’est pas exact dans sa partie droite — n’a pas le nord à droite ; il est bien en haut, tout comme nos cartes actuelles (voir ci-dessous une carte récente du sud du Japon). 

Imperium Japonicum
per regiones digestum sex et sexaginta atque
ex ipsorum japonensium mappis descriptum

d’Hadrian Reland, 1700-1750

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« une carte du Pacifique (…) : un réseau extrêmement fin de tiges de bambou indique les courants marins et les vents dominants ».

Cette carte, nous dit Willy Wauquaire dans ses Outils pour VME, est tirée d’un « manuel de Géographie générale, classe de sixième, d’Albert Demangeon et André Meynier ». Il doit s’agir de l’ouvrage publié en 1937 par les Éditions Hachette intitulé Géographie générale. Classe d’orientation, classe de sixième des lycées et collèges, année préparatoire des E.P.S. et des écoles pratiques dont nous n’avons trouvé que la couverture. Voici, d’autre part, une carte du Pacifique telle que décrite par Perec : 

Carte de navigation, îles Marshall, Micronésie, XXe siècle
Bois, fragments de coraux et de minéraux, fibres végétales,
44,5 x 27,5 x 1 cm
Musée du quai Branly, Paris 

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« le plan du métro londonien n’est absolument pas superposable à un plan de la ville de Londres ».

Ce plan, en effet, est constitué de lignes épaisses aux couleurs franches, horizontales, verticales et diagonales inclinées à 45° en moyenne. Les stations, d’autre part, observent une distance le plus souvent égale entre elles. Topographie et distances ont été bannies. Cette façon de faire, que l’on retrouve appliquée à tous les plans de métro de la planète, a été inventée en 1933 par un Britannique nommé Harry Beck qui appliqua une approche topologique, semblable à celle utilisée pour tracer des schémas de circuits électriques.

Plan actuel du métro de Londres

Plan original d’Harry Beck, 1933

Véritable tracé des lignes de métro de Londres

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«  une assiette octogonale en étain ».

Laquelle provient de la Nature morte à l’échiquier de Lubin Baugin, tableau-contrainte de ce chapitre.

Nature morte à l’échiquier ou les cinq sens
par Lubin Baugin, 1630
musée du Louvre, Paris

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« une photographie dans un cadre ovale ».

Le miroir du Prêteur et sa femme de Metsys fait encore une fois une discrète apparition !

 

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